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TJM freelance : comment le calculer, avec un exemple chiffré

Revenu visé, frais, cotisations selon ton statut, vrais jours facturables : la méthode pour calculer ton TJM freelance, un exemple complet, les repères 2026.

Par l'équipe Prosper 10 min de lecture

Sommaire
  1. C'est quoi, le TJM d'un freelance ?
  2. Calcul du TJM freelance : quelle formule utiliser ?
  3. Combien de cotisations prévoir selon ton statut ?
  4. Combien de jours peux-tu vraiment facturer par an ?
  5. Exemple de calcul de TJM : une développeuse en micro-entreprise
  6. Quels TJM pratiquent les freelances, par métier et par niveau ?
  7. Comment défendre ton TJM face à un client ?
  8. Comment augmenter ton TJM ?
  9. Ton TJM en une demi-heure
  10. Questions fréquentes

Pour calculer ton TJM freelance, additionne le revenu que tu vises, tes frais et tes cotisations. Divise ensuite par les jours que tu factureras vraiment : plutôt 175 à 195 par an que 220. Tu obtiens ton prix plancher ; les tarifs du marché pour ton métier te disent ensuite jusqu'où monter.

C'est quoi, le TJM d'un freelance ?

Le TJM, ou taux journalier moyen, c'est le prix hors taxes d'une journée de travail facturée au client. C'est l'unité de prix de la régie (tu factures les jours passés) et la base de calcul de tout devis au forfait, même quand le client ne voit qu'un total.

Le piège, c'est de le comparer à un salaire. Un salarié est payé pendant ses congés et quand l'activité ralentit. Toi, tu ne gagnes rien les jours où tu ne factures pas. Ton TJM doit donc payer ces jours-là aussi.

Prenons un ancien salarié qui veut garder 42 000 € net par an. Il divise par 218 jours travaillés et obtient 193 € par jour. À ce tarif, il finira l'année loin du compte : il a oublié ses frais, ses cotisations et les jours qu'il ne facturera jamais.

Calcul du TJM freelance : quelle formule utiliser ?

La méthode tient en une formule :

TJM = (revenu visé + frais + cotisations) ÷ jours réellement facturés

Le revenu visé, c'est ce que tu veux sur ton compte personnel chaque mois, avant impôt sur le revenu, multiplié par 12. Si tu viens du salariat, ton ancien net mensuel est un bon point de départ.

Les frais, ce sont tous les coûts de ton activité sur l'année, y compris ce que ton employeur payait sans que tu le voies :

  • matériel (ordinateur, écran, téléphone), réparti sur sa durée de vie ;
  • logiciels et abonnements ;
  • assurance responsabilité civile professionnelle ;
  • mutuelle et prévoyance, pour être couvert en cas d'arrêt ;
  • expert-comptable, banque, outil de facturation ;
  • coworking, déplacements, formation.

Fais ta liste ligne par ligne, en montants annuels. Une estimation au doigt mouillé sur ce poste fausse tout le reste.

Restent les cotisations et les jours facturables. Ce sont les deux termes que l'on sous-estime le plus, on les prend un par un.

Combien de cotisations prévoir selon ton statut ?

En micro-entreprise

C'est le cas le plus simple : tu paies un pourcentage fixe de ton chiffre d'affaires, quels que soient tes frais. En 2026, le taux est de 25,6 % pour une activité libérale non réglementée et de 21,2 % pour une prestation de services commerciale ou artisanale, selon service-public.fr. Les professions libérales réglementées affiliées à la Cipav paient 23,2 %.

S'y ajoute la contribution à la formation professionnelle, 0,2 % du chiffre d'affaires pour les activités libérales d'après Bpifrance Création. Si tu optes pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu, compte 2,2 points de plus en libéral.

Deux seuils à garder en tête. Le régime micro est prévu pour un chiffre d'affaires de 83 600 € au plus par an en prestations de services et en libéral. La même page explique ce qui se passe en cas de dépassement. Et au-delà de 37 500 € de chiffre d'affaires, tu factures la TVA (seuil majoré : 41 250 €). Ton client professionnel la récupère : ton TJM s'entend toujours hors taxes.

En entreprise individuelle au réel ou en EURL

Tu cotises comme indépendant, mais sur ton bénéfice (ou ta rémunération en EURL), après déduction de tes frais. Plusieurs cotisations sont progressives, donc il n'y a pas de pourcentage unique à retenir. Le plus fiable : le comparateur de statuts de l'Urssaf. Entre un chiffre d'affaires et tes frais, regarde le revenu qu'il te reste, et ajuste le chiffre d'affaires jusqu'à retrouver ton revenu visé.

En SASU

Le président de SASU rémunéré est assimilé salarié : il dépend du régime général, avec une protection proche de celle d'un cadre. Cette protection a un coût, car les cotisations se calculent sur son salaire comme pour un salarié. En revanche, il n'a pas droit à l'assurance chômage, rappelle Bpifrance Création.

Beaucoup de présidents de SASU combinent un salaire et des dividendes. Le bénéfice paie d'abord l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà, sous conditions. Les dividendes supportent ensuite le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Le comparateur de l'Urssaf donne un ordre de grandeur ; un expert-comptable t'aide à trouver le bon dosage.

Quel que soit ton statut, tu n'as ni congés payés ni employeur qui finance ta mutuelle, et souvent pas de chômage. Tout ça sort de ton TJM.

Combien de jours peux-tu vraiment facturer par an ?

Moins que tu ne le penses. Faisons le compte pour 2027, l'année que tu prépares sans doute en ce moment.

  • 261 jours de semaine dans l'année.
  • Moins 7 jours fériés en semaine : la France en compte 11, dont 7 tombent du lundi au vendredi en 2027. Il reste 254 jours.
  • Moins 25 jours de congés, soit les 5 semaines auxquelles a droit un salarié. Personne ne te les paie, mais tu en as besoin. Il reste 229 jours.
  • Moins une dizaine de jours pour la maladie, la formation et les imprévus. Il reste environ 219 jours.
  • Moins le temps non facturé : prospection, devis, rendez-vous, facturation, comptabilité. Compte une demi-journée à une journée par semaine.

Il te reste entre 175 et 195 jours facturables. Avec une journée par semaine, on arrive à 175 : c'est l'hypothèse prudente de l'exemple qui suit. Si tu enchaînes de longues missions chez le même client, tu peux viser plus haut. Si tu vends beaucoup de petits projets, tu factureras moins.

Le dernier poste est celui qu'on oublie le plus. Une semaine sans mission entre deux contrats, ce sont cinq jours de chiffre d'affaires perdus. C'est pour ça que la prospection fait partie du calcul : faite chaque semaine, elle réduit ces trous (la méthode pour trouver des clients en freelance).

Exemple de calcul de TJM : une développeuse en micro-entreprise

Prenons Léa, développeuse web avec cinq ans d'expérience, en micro-entreprise, activité libérale non réglementée. C'est un exemple construit pour illustrer la méthode, pas un cas réel.

  1. Revenu visé : 3 500 € net × 12 mois = 42 000 €.
  2. Frais de l'année (matériel, logiciels, RC pro, mutuelle, prévoyance, comptable) : 6 000 €.
  3. À garder après cotisations : 42 000 + 6 000 = 48 000 €.
  4. Chiffre d'affaires nécessaire : 48 000 ÷ (1 − 0,258) = 64 690 €.
  5. Jours facturables, d'après la section précédente : 175.
  6. TJM plancher : 64 690 ÷ 175 = 370 € HT par jour.

Le taux de 25,8 % additionne les cotisations (25,6 %) et la contribution à la formation (0,2 %), sources plus haut. Sur 64 690 € de chiffre d'affaires, Léa verse environ 16 690 € de cotisations et garde ses 48 000 €, frais compris.

Ces 370 € ne sont pas son prix. C'est le minimum en dessous duquel elle n'atteint pas son objectif, et l'impôt sur le revenu reste à payer en plus. Compare avec le calcul naïf du début : 193 € contre 370 €, presque le double. Et si Léa ne facture que 150 jours, son plancher monte à 431 €.

Quels TJM pratiquent les freelances, par métier et par niveau ?

Ton plancher te protège. Le marché te dit si tu peux viser plus haut. Un bon repère public est le baromètre des tarifs de Malt, calculé sur les freelances actifs sur la plateforme ces trois derniers mois et mis à jour en continu. Voici les tarifs moyens relevés en octobre 2026, en euros HT par jour, selon les années d'expérience.

Métier 0-2 ans 3-7 ans 8-15 ans
Développeurs 317 436 576
Data 350 512 666
UX design 300 387 506
Graphisme, photo 275 337 431
Marketing 309 393 578
Gestion de projet 394 517 677
Conseil, stratégie 386 509 709
Rédaction, réseaux sociaux 247 318 439

Au-delà de 15 ans d'expérience, les écarts se creusent : 672 € en moyenne pour les développeurs, 888 € pour le conseil en stratégie et en communication.

Deux limites à connaître. Ce sont les tarifs affichés sur les profils, pas forcément ceux signés après négociation. Et ils ne couvrent que les freelances de Malt. Pour un second avis côté tech, Free-Work publie les TJM déclarés par ses membres. Pour un développeur fullstack, la moyenne y est de 410 € en direct et 431 € via un intermédiaire. Ces données déclaratives sont parfois bruitées : lis-les comme une fourchette.

La région compte aussi. Sur la même page Free-Work, un développeur fullstack de 5 à 10 ans d'expérience déclare 539 € en Île-de-France, contre 422 € dans les autres villes. Si tu travailles à distance pour des clients parisiens, c'est leur marché qui te sert de repère.

Revenons à Léa. Avec cinq ans d'expérience, la moyenne des développeurs sur Malt est de 436 €. Son plancher de 370 € est en dessous : elle peut annoncer 450 € sans rougir, et c'est ce qu'elle devrait faire.

Comment défendre ton TJM face à un client ?

Un TJM se défend avant la négociation, pas pendant. Trois habitudes t'y aident.

Annonce ton tarif sans t'excuser. « Mon tarif est de 450 € HT par jour » suffit. Pas de « en général », pas de « mais on peut en discuter ». Le client qui veut négocier le fera de lui-même.

Ne baisse jamais sans contrepartie. Si le client demande un effort, échange-le contre quelque chose : une mission plus longue, un volume de jours garanti, un paiement plus rapide, un périmètre réduit.

Parle du résultat, pas du temps. Un client compare des TJM quand il ne voit que des jours. Montre-lui ce qu'il obtient : la fonctionnalité livrée, le site qui convertit, le recrutement qu'il n'a pas besoin de faire. Sur un projet bien cadré, un forfait évite la discussion jour par jour (forfait ou régie : comment choisir). Et quand le client répond que c'est trop cher, on a préparé des réponses qui marchent.

La meilleure défense reste d'avoir le choix. Avec trois prospects en discussion, refuser une mission sous-payée ne fait pas peur. Avec un seul, on accepte tout. C'est l'intérêt d'une prospection régulière, que tu la fasses toi-même ou que tu la confies, par exemple à Prosper.

Comment augmenter ton TJM ?

Commence par les nouveaux clients. Ils ne connaissent pas ton ancien tarif : chaque nouveau devis te permet d'essayer un prix un peu plus haut.

Pour tes clients actuels, préviens par écrit, à l'avance, avec une date d'effet claire. Le début d'année et le renouvellement d'une mission sont les bons moments.

« Bonjour Marc, je prépare 2027 avec vous. À partir du 1er janvier, mon tarif passe de 450 € à 490 € HT par jour pour les nouvelles commandes. Ce qui est déjà signé reste au tarif actuel. Je suis disponible cette semaine si vous voulez en parler. »

Appuie chaque hausse sur quelque chose de concret : une compétence nouvelle, une spécialisation plus nette, des résultats que tu peux montrer.

Ton TJM en une demi-heure

Ouvre un tableur et remplis les quatre lignes : revenu visé, frais, cotisations, jours facturables. En une demi-heure, tu as ton plancher. Compare-le ensuite au baromètre de ton métier et à ton tarif actuel.

Si ton tarif est sous ton plancher, monte-le dès ton prochain devis. S'il est au-dessus mais sous le marché, prévois une hausse au 1er janvier. Dans les deux cas, garde du temps chaque semaine pour trouver tes prochaines missions : un TJM ne tient que si ton planning est plein.

Questions fréquentes

Le TJM se calcule-t-il en HT ou en TTC ?

Toujours hors taxes. En franchise de TVA, tu factures ce montant tel quel, avec la mention d'exonération. Si tu dépasses le seuil de franchise, tu ajoutes la TVA par-dessus : ton client professionnel la récupère, ton TJM ne change pas.

Combien de jours par an facture un freelance ?

Ça dépend de ton rythme de missions. Avec les jours fériés, cinq semaines de congés, quelques imprévus et une journée par semaine de prospection et d'administratif, on arrive autour de 175 à 195 jours. Prévoir 220 jours, c'est supposer que tu n'es jamais malade, que tes missions s'enchaînent sans un jour de vide et que tu ne passes aucun temps à les trouver.

Faut-il afficher son TJM sur son profil ?

Sur une plateforme comme Malt, oui : le tarif fait partie du profil et les clients comparent dessus. Sur LinkedIn ou ton site, ce n'est pas nécessaire : un tarif affiché sans contexte se compare mal. Mieux vaut le donner en rendez-vous, une fois le besoin compris.

Comment passer d'un TJM à un revenu net ?

Fais le calcul à l'envers. Multiplie ton TJM par tes jours facturés pour obtenir ton chiffre d'affaires, puis retire tes cotisations et tes frais. En micro, en libéral, 450 € sur 175 jours donnent 78 750 € de chiffre d'affaires et environ 58 400 € après cotisations, avant frais et impôt.

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